Anciennes argiles compressées, les roches de ces terroirs ont en commun de se cliver et de se débiter en plaques régulières de faible épaisseur. Les plus épaisses sont utilisées pour bâtir les maisons et les murs qui séparent les terrasses, alors que les plus fines, comme les ardoises, couvrent les toits.
D’un toucher soyeux, du à leurs petits minéraux microscopiques en feuillets, les schistes possèdent des couleurs très variées, allant du noir et du bleu sombre au jaune plus ou moins marron et rouge. Dans ces anciens sédiments, ces variations dépendent du contenu en très faible proportion d’un peu de matière organique et de sulfures de fer. Ensuite, revenus en surface après bien des vicissitudes géologiques, les schistes se fragmentent, s’altèrent et prennent des couleurs plus claires avec des teintes rouilles dues aux oxydes et hydroxydes de fer. Sous l’action de l’eau, les petits minéraux des schistes se recomposent lentement en argiles.
Les schistes sont souvent associés à des grès, anciens sables formés de grains de quartz cimentés entre eux. Ainsi ensemble, ces roches portent des sols argileux aux pH bas, plus ou moins riches en fragments de schiste et de grès. Ce mélange est bénéfique, les argiles retenant l’eau et les éléments chimiques nécessaire à la croissance de la vigne, alors que les blocs de roche assurent une bonne texture du sol, ni trop argileux, ni trop caillouteux. En région méditerranéenne, aux étés très secs, dans des sols peu épais la vigne recherche en profondeur un peu d’humidité et insère ses racines entre les plaques de schiste.
Ces sols des régions schisteuses diffèrent donc de ceux des régions calcaires, plus secs et aux pH plus élevés.

Au pied de schistes inclinés, sol avec nombreux éclats de schiste (N-E de Berlou, photo J.-C. Bousquet)

Communément on considère comme des schistes les roches se débitant en plaques fines et qui se décomposent en donnant des sols argileux. Pour les géologues les schistes sont des roches ayant eu de plus un parcours particulier, comme le dessin l’illustre pour les schistes de l’ère primaire de l’appellation Saint-Chinian.

 

En règle générale, il s’agit au départ d’argiles déposées au fond d’océans aujourd’hui disparus. Accumulées sur de fortes épaisseurs ces sédiments vont d’abord se tasser et expulser l’eau qui les accompagnait. Ils deviennent des roches qui sont plissées et déformées, avec une intensité plus ou moins forte, lors de la formation de chaînes de montagnes.En profondeur leur plissement s’accompagne  de fractures régulières qui les découpent sans tenir compte de leur disposition sédimentaire en différentes couches.

Cette fracturation se rencontre dans d’autres types de roches, mais elle est surtout typique des schistes, d’où son nom de « schistosité ». Quand température et pression sont suffisamment importantes les minéraux des argiles se transforment en petits micas et le débit en lauze est alors du à la disposition de ces minéraux. Les autres roches qui accompagnent les schistes se changent aussi en roches métamorphiques. Les grains de quartz des grès se soudent mieux entre eux et la roche aux éclats coupants s’appelle alors une « quartzite ». Quant aux calcaires, leur carbonate de calcium cristallise en gros grains et ils deviennent des « marbres » au sens des géologues.

D’autres schistes, comme ceux de Saint-Jean-de-la-Blaquière, sont des roches continentales n’ayant pas subi de plissements. Ils ont acquis leur débit simplement par compaction.

Schiste ordovicien et son débit en plaques au nord-est de Berlou. La couleur rouge est due aux oxydes de fer, transformation en surface de sulfures de fer des anciens dépôts argileux (photo J.-C. Bousquet)

Les schistes de Saint-Jean-de-la-Blaquière : dépôts argileux continentaux de la fin de l’ère primaire (Permien) ayant acquis ce débit en plaques par enfouissement et compaction (photo J.-C. Bousquet)

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